Édito de la Rentrée Pastorale 2021

Un été maussade, mais aussi un été marqué par bien des événements ont attristé nos vies ou rendu le repos moins profitable. Le ciel souvent gris est aussi à l’image des nuages qui marquent  la rentrée scolaire, la rentrée pastorale mais aussi la vie de nos cités et de notre monde.

  • Des décès de proches ont marqué la vie de nombre d’entre nous. Comment ne pas évoquer celui de Mgr Guy Herbulot, évêque de notre diocèse de 1978 à 2000. Deuxième évêque du diocèse, il a marqué profondément l’histoire et la pastorale du diocèse et lui a donné visage. L’assassinat du Père Olivier Maire, le décès du frère Michel Lachenaud, dominicain, emporté par un cancer ; celui de sœur Pierre-Charles et de combien d’autres frères ou sœurs en humanité…
  • Les inquiétudes profondes et légitimes qui demeurent en raison de la pandémie de la COVID 19. Les échanges vifs et les incompréhensions qui agitent des familles, des groupes, notre société. Nous pouvons souhaiter à l’image du psaume qui chante « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent »  que « conviction et raison se rencontrent, liberté personnelle et responsabilité s’embrassent ». Ne fermons pas les yeux sur les agressivités, invectives présentes mais ne les laissons pas l’emporter.
  • La « Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Église » (CIASE) mise en place par les  évêques, va bientôt rendre son rapport, il aidera à comprendre ce qui s’est passé et évaluera les mesures prises… nous aurons à en tirer les conséquences et poursuivre un travail de vigilance et de formation.
  • Inondations ici, sécheresses ailleurs, fonte des glaces, bien des signes des dérèglements climatiques qui mettent à mal notre maison commune et réclament des décisions et conversions à tout niveau. Sans oublier Haïti à nouveau victime d’un tremblement de terre. 
  • Tensions et violences en de nombreuses régions de notre planète, en Afghanistan… qui remettent en cause bien des équilibres que l’on pensait acquis ou maitrisés et révèlent aussi la fragilité des colosses aux pieds d’argile.
  • … et combien d’autres domaines où les mots de crises, d’inquiétudes, de peurs… reviennent régulièrement sur nos lèvres pour en parler.

La réalité est là. Nous avons à apprendre de ces crises et des défis qu’elles représentent. Nous avons aussi à nous aider les uns les autres afin de les traverser à la lumière de l’Évangile qu’est le Christ et ensemble, prendre soin.  Nous ne pouvons pas rêver qu’il suffise d’attendre pour y échapper et que tout revienne comme par miracle « au monde d’avant » comme si celui-ci était d’ailleurs parfait.

Charles Péguy disait : « le facile et la pente est de désespérer et c’est la grande tentation (…) Et pourtant c’est elle cette petite Espérance  qui entraîne tout. Car la foi ne voit que ce qui est. Elle voit ce qui sera. La charité n’aime que ce qui est, elle aime ce qui sera…[1]

Vivre d’Espérance, travailler à l’Espérance est un service de la vie, un service de la joie de l’Évangile.

Des motifs d’Espérance nous en avons :

  • Nos fragilités durant la crise sanitaire ont fait retrouver à beaucoup l’importance vitale des relations, de la qualité et la vérité de nos relations.
  • Des catéchumènes découvrent le Christ Jésus et son Évangile qui les font vivre
  • Des hommes et des femmes qui continuent à croire que « l’amour est digne de foi » et s’engagent dans le sacrement du mariage, d’autres sont ordonnés prêtres.
  • 4 jeunes adultes du diocèse qui partent pour de nombreux mois en coopération
  • Les solidarités simples et ordinaires qui se sont développées.
  • Les petits gestes du quotidien qui signifient que nous mesurons davantage les conséquences de nos actes et que nous prenons notre part aux changements, aux conversions nécessaires.
  • Tous ceux qui devant les difficultés, ne baissent pas les bras.
  • Des jeunes, des hommes et des femmes qui envisagent les choses d’une autre manière, envisagent des solutions alternatives.

Espérer est aussi un combat.

  • Espérer, c’est persévérer et tenir malgré les incertitudes, les découragements et les vents contraires pour, chemin faisant, continuer à faire le choix de la confiance et l’habiter en résistant à la tentation du soupçon, du repli sur nous-même.
  • Espérer, c’est aussi, pour ne pas perdre le cap, « oser chaque jour un pas en avant »
  • Espérer, c’est aussi lutter contre les anesthésies du regard qui étouffent  nos capacités d’agir, de parler, de nous indigner, de résister ou d’innover. 
  • Espérer, c’est garder une capacité d’émerveillement et d’action de grâce. « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » Is 43,19
  • Espérer, c’est aimer pour demeurer dans la joie de l’Évangile. cf. Jn 15

Deux invitations en ce début d’année

  • Ce service de l’Espérance et de la Vie passe aussi par la démarche du synode engagée dans notre diocèse. La situation sanitaire a entravé l’avancement de notre synode. Mais il n’est pas trop tard, nous pouvons plus facilement nous réunir. J’invite tous ceux qui ne l’ont pas encore fait, à prendre leur part à la démarche synodale en participant ou en suscitant une équipe synodale de 4 à 8 personnes qui se réunira durant les mois de septembre et d’octobre pour discerner, consolider, choisir et inventer des chemins, et faire des propositions pour la marche de notre Église diocésaine dans les prochaines années.
  • Ce dimanche 5 septembre après-midi à 15h dans la Cathédrale, j’ordonnerai prêtre pour notre diocèse, Franck Valadier. Unissez-vous à l’action de grâce et la prière de notre église diocésaine pour que Franck soit prêtre à la manière des apôtres, avec et pour ses frères et sœurs dans la foi.

Dieu notre Père qui es la vie sans commencement ni fin, nous te confions cette année pastorale nouvelle ; demeure auprès de nous jusqu’à son terme : qu’elle nous soit, par ta grâce, un temps de bonheur et plus encore, un temps de fidélité́ à l’Évangile par Jésus Christ.

+ Mgr Michel Pansard, évêque d’Evry – Corbeil-Essonnes


[1] Charles Péguy, Le porche de la deuxième vertu, œuvres poétiques complètes, la Pléiade pp.537-538.

°°°°°°°°°

25 septembre - 9h45 à 17h.

"Ils m'ont remis debout !"

Journée de randonnée proposée par les groupes séparés - divorcés.

tract div 25 sept 2021

 

Nos dernières vidéos