Secteur Pastoral Corbeil Saint Germain
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Messe en mémoire du Père Jean Raimbault

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De nombreux fidèles, venus de tout le secteur pastoral, ont participé, très émus, à cette célébration en hommage au Père Jean. A lire ci-après les témoignages du Père Christian Marandet, responsable du secteur, d’Alain de Palmas, responsable de l’équipe Espérance et de Jean-Paul Leclerc, en charge du catéchuménat.

Témoignage du Père Christian

Frères et soeurs,

Il y a bientôt deux semaines, le Père Jean Raimbault nous quittait. Comment ne pas lui exprimer la reconnaissance de ce secteur pastoral de Corbeil Saint-Germain qu’il connaissait bien et qu’il a tant servi ?

Ce soir, nous nous sommes rassemblés dans cette cathédrale, représentant les communautés paroissiales et les divers mouvements et services d’Eglise de notre secteur, pour rendre hommage à un prêtre, religieux montfortain, qui fut, jusque récemment, la mémoire de ce secteur pastoral qu’il a vu naître.

Au cours des dernières années, la santé du Père Jean fut sérieusement atteinte, ce qui ne l’empêchait pas, jusqu’à sa longue hospitalisation, d’apporter avec courage son aide lorsqu’on le lui demandait.

Au-delà de la tristesse éprouvée par celles et ceux qui le connaissaient depuis très longtemps, l’Eglise présente dans ce secteur pastoral veut rendre grâce au Seigneur et dire merci au Père Jean.

J’ai fait la connaissance du Père Jean Raimbault en arrivant dans ce secteur de Corbeil Saint-Germain il y a six ans. Quand il apprit que je venais du diocèse de Besançon, Jean me parla longuement de ses premières années de ministère presbytéral dans ce diocèse de Besançon. Membre d’une petite communauté de Montfortains ayant en charge un lieu de pèlerinage dédié à Marie, le Père Jean fit rapidement partie des missionnaires diocésains. Ces missions étaient des temps forts proposés aux nombreuses paroisses, notamment rurales ; Jean vécut, très peu de temps avant le début du Concile, une certaine évolution de ces missions ; il ne s’agissait plus uniquement de parler du haut d’une chaire dans le cadre de la liturgie, mais de rencontrer les personnes, là où elles vivaient et les laisser s’exprimer sur leur vie et leurs soucis et questions. Il fallait que l’Eglise sorte des sacristies pour partir, comme le dira le pape Paul VI à la fin du Concile, à la rencontre de l’humanité.

La seconde expérience que me fit partager le Père Jean concerne son premier séjour dans ce diocèse d’Evry-Corbeil-Essonnes ; c’était au tout début des années soixantes-dix. Ce diocèse n’était créé que depuis quelques années et, ici peut-être plus qu’ailleurs, la question du nombre de prêtres commençait à être posée. C’est alors que quelques prêtres, nommés dans les trois paroisses de cette ville de Corbeil, proposèrent à Mgr Malbois, premier évêque de Corbeil-Essonnes, qu’une seule équipe de prêtres soit nommée au service de l’ensemble de cette ville. Mgr Malbois répondit favorablement à cette demande ; le Père Jean Raimbault faisait partie de cette première équipe presbytérale. Il y vécut très heureux, prenant conscience que le Concile Vatican II, achevé depuis quelques années, a voulu ramener l’Eglise aux sources de sa foi et lui rappeler sa vocation essentiellement missionnaire. Cette nouvelle manière de vivre le ministère presbytéral fut également l’occasion de mettre en route un certain nombre de laïcs, de les initier et de les associer à la responsabilité ecclésiale. Une telle expérience, qui marqua profondément le Père Jean, n’était-elle pas l’annonce de tout ce qui sera créé et vécu par la suite : les équipes animatrices et les secteurs pastoraux ?

Jean aimait faire partager ces deux expériences ; elles ne furent pas les seules ; elles l’aidèrent toutefois à vivre dans l’espérance le renouveau apporté par le Concile Vatican II, pour lequel Jean et combien d’autres prêtres de sa génération n’ont cesé de rendre grâce. Dans la communion des saints, partageons avec le Père Jean ce merci à Dieu et disons merci à Jean pour le témoignage qu’il nous laisse, signe de l’oeuvre de l’Esprit Saint, aujourd’hui comme hier et demain !

Témoignage d’Alain de Palmas

Ah ! Père Jean, toujours avec nous ; toujours pour nous. Vous qui avez accompagné notre équipe Espérance durant plusieurs années, vous qui avez toujours été présent pour nous encourager dans notre mission - Dieu sait combien délicate et prenante - et qui nous avez appris ce qu’est la compassion pour ceux qui souffrent, maintenant, c’est à nous de souffrir de votre départ.

Combien de fois, venant vous voir avec nos soucis, nos peines, nos désespoirs, on ressortait, après avoir partagé avec vous ces soucis, regonflé, souriant et plein d’espérance ! Merci Seigneur de nous l’avoir donné, lui qui aimait vivre, qui avait cette capacité d’analyse et cette générosité de coeur : il restera toujours dans nos coeurs.

Je voudrais terminer par ce témoignage d’une paroissienne de Saint Germain-lès-Corbeil, qui lui rendait souvent visite : "Nous sommes allés lui rendre une dernière visite chez les Diaconesses à Paris ; dans son bel habit immaculé de prêtre, son chapelet entre les doigts, il avait déjà l’air d’un saint. Quand on sait sa bonté d’âme, sa générosité envers les autres, son humilité, sa lumière intérieure, on ne peut que l’imaginer au Royaume de Dieu, à côté de Pierre."

Ah ! Père Jean, ce n’est qu’un Au Revoir !

Témoignage de Jean-Paul Leclerc

Je remercie le Père Christian Marandet de m’avoir permis de donner ce témoignage et je remercie aussi Danièle Grillon de m’avoir transmis en quelques mots son propre témoignage. (Danièle a été longtemps responsable de l’équipe Espérance de notre secteur pastoral).
Voici ce court témoignage de Danièle. "Jean fut un guide mesuré, attentif et profond. Il fut aussi bienveillant et plein d’humour."

Pour ma part, j’ai connu Jean trop tard, à la fin de sa vie pastorale lorsqu’il assumait encore des remplacements - le mot est bien pauvre -. Il présidait nos assemblées dominicales avec ce visage souriant et rayonnant dont je ne l’ai jamais vu se départir jusqu’au dernier jour de souffrance. Il rayonnait de la rencontre de l’autre, de l’accueil de l’autre, de la célébration de l’autre.

Plus banalement, c’est en servant de chauffeur que notre relation se fit ,petit à petit, plus personnelle. C’est à cette occasion que je lui proposais un jour de l’interviewer pour notre journal de secteur sur le thème de la vie de l’Eglise au moment de la création du diocèse. Nous avions encore la chance d’avoir sous la main, si je puis dire, un témoin de la genèse du diocèse et de notre secteur de Corbeil Saint-Germain. Missionnaire en France, « la France, Pays de mission », il me dit tout simplement ce qu’il avait fait alors : appeler des hommes et des femmes, des laïcs et constituer des équipes. La recette vous le voyez, n’a pas changé, mais, il y a près d’un demi-siècle il fallait un certain courage pour bâtir ainsi cette nouvelle Eglise locale.

Une relation plus personnelle se noua alors et je vous en confie un moment fort, preuve de son discernement et d’un jugement clairvoyant sur les autres, plein de délicatesse et de tendresse. Il me lança un jour à brûle pourpoint : « Toi, c’est pas un confesseur qu’il te faut, c’est un conseiller spirituel ! ». Après lui avoir demandé d’être ce conseiller, je n’ai malheureusement pas pu vivre ce qu’il entendait par là, la maladie l’ayant alors rapidement éloigné de sa vie pastorale.

Et c’est ce dont je voudrais surtout témoigner : la figure de cet homme face à la maladie, à la souffrance et à la mort.

Ce qu’est le témoignage de Jean aux yeux de ceux qui l’ont accompagné, c’est que jamais, si ce n’est peut-être à sa toute fin et encore de manière très vénielle, jamais cette souffrance ne lui enleva sa préoccupation, sa tendresse, son amour des autres. Pour en donner un témoignage tout simple, lorsque vous arriviez dans sa chambre, je ne l’ai jamais vu se départir de son joyeux « Comment vas-tu ? » comme si c’était vous qui aviez besoin de réconfort. Un jour, de plus en plus étonné, bouleversé par autant de force intérieure, je lui posais la question, un peu simpliste j’en conviens : « Mais, Jean comment fais-tu ? ».

A cause de sa grande discrétion, cette question ne reçut pas de réponse mais chacun de ceux qui l’ont connu apportera, à sa place, la réponse qui convient.

Peut-être qu’au fond, cette réponse est la même que celle de l’apôtre faite au Christ qui lui pose trois fois la question : « M’aimes-tu ? ». La réponse de Jean comme celle de Pierre, est bien : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime ». Et il aurait pu dire lui aussi, et il a sûrement dit et dit encore : « A qui irions-nous Seigneur ? Tu as les paroles de vie éternelle. »