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L’Esprit Saint dans la Bible

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Qui est l’Esprit Saint ?

Jeudi 24 novembre 2011 à 14h au Presbytère Saint-Spire à Corbeil-Essonnes avait lieu un temps d’enseignement et de partage animé par Matthias AMIOT sur le thème :

« Qui est l’Esprit Saint ? »

Voici une question très vaste et qui bien sûr n’a pas de réponse définitive. L’Esprit Saint est la Personne la plus secrète de la Trinité, elle échappe à nos définitions et, tel le vent, on sait bien en décrire les effets, mais on a beaucoup de mal à dire qui Il est.

Nous avons donc tenté de tracer un chemin à travers l’Ecriture pour voir ce qu’elle nous dit de L’Esprit. Notre réunion a visé en réalité à comprendre ce que l’Esprit dit de Lui-même à travers des textes où Il se dévoile plus que dans d’autres. En effet, nous croyons que du Bereshit – Au commencement – de la Genèse (Gn 1, 1) jusqu’au « Amen ! » triomphal de l’Apocalypse, c’est un seul et même Esprit qui a inspiré les auteurs sacrés : « ce n’est pas d’une volonté humaine qu’est jamais venue une prophétie, c’est poussés par l’Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » (2 P 1, 20.21).

Nous avons donc interrogé et scruté la Bible pour voir quelles sont les richesses cachées (Mt 13, 44.45) qu’elle renferme à propos de l’Esprit.

L’Esprit Saint dans la Bible
Introduction
« Qui est l’Esprit Saint ? » Voici la question qui nous rassemble aujourd’hui. Elle est très vaste et bien sûr elle n’a pas de réponse définitive. L’Esprit Saint est la Personne la plus secrète de la Trinité, elle échappe à nos définitions et, tel le vent, on sait bien en décrire les effets, mais on a beaucoup de mal à dire qui Il est. Aujourd’hui, nous allons tenter de tracer un chemin à travers l’Ecriture pour voir ce qu’elle nous dit de L’Esprit. La question étant très complexe, on devra se limiter à quelques textes – j’en ai choisi 7, comme les 7 dons de l’Esprit. Certains sont courts, ils ne font qu’un seul verset, d’autres sont plus long, mais ils sont tous très riches pour nous dévoiler l’identité de la troisième Personne de la Trinité.

Notre réunion vise en réalité à comprendre ce que l’Esprit dit de Lui-même à travers ces 7 textes où Il se dévoile plus que dans d’autres. En effet, nous croyons que du Bereshit – Au commencement – de la Genèse (Gn 1, 1) jusqu’au « Amen ! » triomphal qui conclut à la fois l’Apocalypse, le NT et la Bible chrétienne (Ap 22, 20), c’est un seul et même Esprit qui a inspiré les auteurs sacrés : « ce n’est pas d’une volonté humaine qu’est jamais venue une prophétie, c’est poussés par l’Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » (2 P 1, 20.21).

A travers ces 7 perles de la Bible – 4 de l’Ancien Testament et 3 du Nouveau Testament –, nous verrons la complexité et la simplicité de l’Esprit. Simplicité en tant qu’Il est Dieu, et Dieu est sans composition, Simplicité absolue. Complexité aussi, tant les effets de l’Esprit sont multiples et souvent ignorés.

Nous allons donc interroger la Bible et la scruter pour voir quelles richesses cachées (Mt 13, 44.45) elle renferme au sujet de l’Esprit. Et pour acquérir un « regard pénétrant » (Nb 24, 3) il convient de prier l’Esprit Saint pour qu’Il illumine nos âmes. Car « La Sainte Ecriture doit être lue et interprétée à la lumière du même Esprit qui la fit rédiger » (S. Jérôme). Prenons les paroles du Veni sancte Spiritus, qui est la séquence de la Pentecôte, pour que le Christ ouvre nos cœurs à « l’intelligence des Ecritures » (Lc 24, 45).

Désormais éclairés par Celui qui conduit l’Eglise et le monde « vers la vérité tout entière » (Jn 16, 13), cherchons à travers les textes suivants comment l’Esprit se manifeste :

Gn 1, 2 : L’Esprit Créateur
1 R 19, 1 – 13 : La rencontre d’Elie avec le Seigneur
Ez 37, 1 – 14 : Les ossements desséchés
Ez 47, 1 – 12 : La source du Temple
Jn 3, 8 : Renaître de l’Esprit
Jn 4, 24 : Dieu est esprit
Ac 2, 1 – 13 : La Pentecôte

Gn 1, 2 : Le souffle de Dieu [Vigile Pascale]
Le mot hébreu qui est employé en Gn 1, 2 est Ruhah, littéralement souffle, haleine, vent puissant. Il ne désigne jamais une personne. Concrètement, l’Esprit est compris par le peuple hébreu comme une puissance de Dieu mais pas comme une Personne divine, comme la Sagesse. En effet, cela est impossible d’après le monothéisme absolu de l’AT. Il faudra la révélation du Christ pour comprendre que Dieu est Communion de Personnes : Père, Fils et Saint-Esprit.

Le verbe hébreu choisi pour décrire l’action de l’Esprit, et que la Bible traduit en « planer » (TOB) « tournoyait » (BJ) « se mouvait » (CP & LSG) désigne le mouvement de l’aigle qui étend ses ailes sur ses petits pour les protéger. Le mot suggère une présence bienveillante, une protection. Le terme indique un état de repos, une calme incubation. On pourrait aussi prendre l’image d’une poule qui couve son œuf. D’ailleurs, c’est le sentiment qui est suggéré dans l’icône de Roublev par la main droite du 3ème Ange : elle est ouverte, maternelle, protectrice.

L’image donnée par l’auteur biblique, et reprise dans une lecture chrétienne, nous permet de comprendre que l’Esprit transcende la création, qu’Il ne lui appartient pas. L’Esprit de Dieu est présenté comme le Principe de la vie, comme la Puissance organisatrice et créatrice, qui transforme le chaos originel d’une terre « vide et vague » – littéralement tohu-bohu – en cosmos organisé et viable. L’Esprit Saint rempli l’Univers (Sg 1, 7a) sans en faire partie. Il « tient unies toutes choses » (Sg 1, 7b) mais sans s’y confondre. L’Esprit est immanent au créé, et le maintient dans l’être, mais Il le transcende. Sans Lui, tout tombe en poussière et retourne au néant : « Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés tu renouvelles la face de la terre. » (Ps 104/103, 29.30). L’Esprit donne croissance au monde créé et le conduit vers sa perfection quand Dieu sera « tout en tous » (1 Co 15, 28).

En résumé :

 L’Esprit est présent et agissant dès la fondation du monde
 Il est co-éternel à Dieu, égal à Dieu, et Dieu Lui-même
 Il est Créateur avec le Père et le Fils (Aucune Personne divine n’agit sans les deux autres)
 Il maintient le monde dans l’être
1 R 19, 1 – 13 : La brise légère de l’Esprit [Dimanche XIX A]
Elie est une âme de fer et de feu, un authentique prophète du Seigneur, jaloux de la gloire du Seigneur des armées. Quelques mots sur son Curriculum Vitae :

 Il n’hésite pas à user de son pouvoir pour fermer le ciel et provoquer une sécheresse qui durera 3 ans ½ : « Par Yahvé vivant, le Dieu d’Israël que je sers, il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sauf à mon commandement. » (1 R 17, 1) (1ère apparition du prophète)

 Il fait descendre le feu du ciel par deux fois sur deux escouades de 50 hommes venus le chercher (2 R 1, 9.11) (Il épargnera la troisième escouade)

 Enfin, il fait massacrer 450 faux prophètes Baal (1 R 18). Voila un homme dévoré de zèle pour la maison de Dieu (Ps 69/68, 10), qui finira emporté au ciel par un char de feu (2 R 2). Il n’a laissé à Elisée, son successeur, que son manteau et une double part de son esprit.
Pourtant, après le renouvellement de l’Alliance au Mont Carmel, apprenant qu’il est poursuivi par Jézabel, voila notre grand prophète en pleine dépression. Au bout d’un jour de marche dans le désert, il tombe accablé de tristesse et d’épuisement. Il se couche sous un genêt et désire mourir. Voila qui paraît étonnant…

Le Seigneur n’exauce pas si vite son envoyé et se sert de ce mouvement d’âme pour lui faire faire un pas de plus dans la connaissance de lui-même et de son Dieu. Il lui envoie un ange qui apporte à Elie de quoi manger et boire. Voila notre prophète fortifié par cette nourriture : il trouve suffisamment d’énergie pour marcher d’une traite, jour et nuit, 40 jours durant, jusqu’au mont Horeb (= mont Sinaï), la montagne de l’Alliance ! Un excellent exemple pour notre futur Carême…

Et là, Elie reçoit ce qu’on pourrait appeler une « claque spirituelle », que chaque lecteur assidu de ce passage peut recevoir avec lui. Alors je vous propose de « tendre l’autre joue » (Mt 5, 49) en relisant cette perle de l’AT.

La pointe du passage se trouve bien sûr dans la « brise légère » qui est entendue après les trois phénomènes extraordinaires. Littéralement c’est « un son de silence », que l’on ne perçoit qu’en l’absence de tout autre bruit. Dieu se révèle dans le silence, à l’opposé de ce qu’Elie pouvait attendre.

Cette manifestation du Saint des saints saisit l’âme non par sa force mais par sa faiblesse même. Quelles lectures peut-on faire de ce souffle subtil ?

 D’abord, ce n’est pas dans l’exceptionnel que Dieu se manifeste habituellement, la discrétion est même Sa signature privilégiée ! L’AT est riche en éclats et en miracles, mais ils tendent nettement à s’intérioriser avec la venue de Jésus. Par ailleurs des saintes comme Thérèse de l’Enfant-Jésus, Bernadette Soubirous prouvent que la discrétion et l’effacement n’éloignent pas de Dieu.

 Ensuite, ce souffle léger souligne que la force irrésistible de l’Esprit passe à travers nos faiblesses, comme l’a bien remarqué S. Paul :

 « ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes » (1 Co 1, 25)
 « ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9)

 Ce souffle discret a été lu par les Pères de l’Eglise comme la promesse de la venue du Christ, comme si Elie entendait par avance sa respiration ! En effet, tout l’AT converge vers le Christ, centre des deux Testaments et chaque détail de l’Ecriture prend tout son relief quand il est relié à Jésus.

NB : Cette citation biblique figure au début et à la fin du film ‘Le grand silence’.

En résumé :

 L’Esprit agit plus intérieurement qu’extérieurement
 Il n’agit pas là où nous le pensons
 Il est d’une discrétion remarquable, perceptible seulement par une attention du cœur
 L’action de l’Esprit nous bouleverse tant Sa délicatesse est puissante
Ez 37, 1 – 14 : L’Esprit donne la vie [Vigile de Pentecôte]
Ce passage étonnant nous est rapporté par le livre d’Ezéchiel, qui est le témoin d’une vision prophétique. Le peuple d’Israël est déporté, réduit à quelques colonies dispersées en pays païens, et pourtant Dieu suscite déjà l’espoir d’un retour sur sa terre.

La scène comporte trois moments :

 d’abord un dialogue entre le prophète et le Seigneur ;
 ensuite deux paroles d’Ezéchiel suivies de deux effets ;

La résurrection du peuple d’Israël, symbolisée par ces ossements sans vie qui deviennent des êtres humains, se passe en deux temps :

 D’abord une première intervention de l’Esprit, qui fait que ces squelettes épars redeviennent des corps d’homme et de femme. Mais pourtant ils ne sont pas encore vivants. Au moment de cette vision, il leur manque le souffle de vie. Exactement comme dans le second récit de création en Gn 2, 7. Ils sont donc façonnés de nouveau, mais il leur manque encore le souffle vital. Leurs corps sont viables mais il leur manque la vie.
 Une fois ce souffle de vie communiqué par l’Esprit, les voila debout, dans la position de l’homme vivant, prêts à servir le Seigneur.

L’accomplissement de cette prophétie (Ez 37, 13) aura lieu lors de la Résurrection de Lazare (Jn 11), puisque Jésus, le premier, fait sortir un homme de son tombeau [la fillette de Jaïre est alitée, le fils de la veuve de Naïn sort de son cercueil]. Il a donc une prérogative divine, celle de rendre la vie, ce qui atteste qu’Il est l’Egal de Dieu.

En résumé :

 Notre Credo affirme au sujet de l’Esprit Saint : « Il est Seigneur et Il donne la Vie »
 Sans l’Esprit, nous sommes morts : nous pouvons bien vivre d’une vie biologique, mais Lui seul nous donne part à la Vie de Dieu, qui est la vie la plus vivante qui soit.
Ez 47, 1 – 5 : L’Esprit rend infini ce qui est fini [Mardi IV Carême]
Le prophète fait un expérience étonnante : il voit une petite source devenir un fleuve immense. Il expérimente en 4 étapes la croissance de la source. Il marche depuis le Temple, qui est le commencement de la source. Au bout de mille coudées (environ 440 mètres), il a de l’eau jusqu’aux chevilles, au bout de deux mille, jusqu’aux genoux, au bout de trois mille jusqu’aux reins et au bout de quatre mille coudées (1760 m), il ne peut plus marcher, il est obligé de nager ! Ce grossissement des eaux est un miracle, puisque le torrent ne reçoit aucun affluent : il grandit donc de lui-même, ce qui est impossible selon les lois de la physique. Ces eaux sont donc touchées par le Seigneur pour grandir autant.

Deux passages parallèles se trouvent dans l’AT, décrivant le même phénomène de grossissement des eaux :

 Dans le livre d’Esther, Mardochée fait un songe qui annonce déjà la victoire du peuple juif :

« Bouleversé de terreur devant les maux qui l’attendent, le peuple juste tout entier se prépare à périr et crie vers Dieu. Or, à son cri, comme d’une petite source, naît un grand fleuve, des eaux débordantes. » (Est 1, 8.9 [1 i & 1 j selon BJ])

 Et dans un discours du livre du Siracide, où la Sagesse parle de la Loi, nous lisons : « J’ai dit : ‘Je vais arroser mon jardin, je vais irriguer mes parterres.’ Et voici que mon canal est devenu fleuve et le fleuve est devenu mer. » (Si 24, 30)

Comment interpréter cette croissance étonnante, à la fois progressive, irrésistible et inexplicable à vue humaine ?

 L’Esprit incorpore dans le monde qui est fini, l’infini de Dieu :

Dieu n’envahit pas le monde de force, d’un coup, mais Il se manifeste de façon croissante et progressive. Il ne veut pas S’imposer mais Il S’introduit de façon toujours plus manifeste.

 La présence de l’Eglise dans le monde :

12 Apôtres au début, 2 milliards de chrétiens 2000 ans plus tard !

 L’Esprit transforme le fini de l’homme en l’infini de Dieu :

 L’enfant qui a donné 5 pains et deux poissons (son panier repas en réalité !) a permis de rassasier 5000 personnes !
 L’Eucharistie : l’offertoire rappelle la contribution de l’homme et souligne la distance infinie entre les offrandes apportées et ce que nous recevons

 La synergie ou œuvre commune de Dieu et de l’homme :

 Aspect positif (L’homme agit avec Dieu) : Ezéchiel marche un peu (moins de 2 km) et n’a plus aucun effort à fournir puisqu’il est porté par le fleuve. Si nous faisons quelques efforts, Dieu fera « le reste », qui est impossible à mesure humaine (cf. Jn 15, 5)
 Aspect négatif (L’homme agit contre Dieu) : Ezéchiel peut marcher dans l’eau mais à partir d’un certain moment sa force ne suffit plus pour résister à la force du courant. Il est possible de lutter contre l’œuvre de Dieu mais il est impossible de Lui résister sur le long terme

« Rien ne peut arrêter le vent, il suit son impulsion naturelle, à plus forte raison l’action de l’Esprit saint ne pourra être entravée ni par les lois de la nature, ni par les bornes et les limites de la naissance corporelle, ni par aucun autre obstacle semblable. » (S. Jean Chrysostome)

En résumé :

 L’Esprit est présent dans l’histoire, Il s’y manifeste de plus en plus
 Il fait grandir ce que nous Lui donnons
 Il conduit l’histoire vers le Royaume et il est impossible de Lui résister sur le long terme.

Rupture entre l’Ancien au Nouveau Testament
Dans l’AT, « L’Esprit de Dieu n’y est pas encore révélé comme une personne, mais comme une force divine transformant des personnalités humaines pour les rendre capables de gestes exceptionnels. » (VTB, p. 391). Les hommes investis de l’Esprit sont surtout : les patriarches, juges, les prophètes, les rois. Mais c’était toujours pour des missions précises et limitées dans le temps.

Depuis la Pentecôte, la présence de l’Esprit est permanente, puisqu’Il est donné. En effet, ce n’est qu’après la Mort et la Résurrection de Jésus que l’Esprit viendra : « il n’y avait pas encore d’Esprit, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. » (Jn 7, 39). Désormais, chaque baptisé reçoit l’Esprit, au contraire du peuple hébreu. Nous sommes donc investis d’un Don que n’ont pas eu les hommes pendants des siècles ! Et que beaucoup ne reçoivent pas…
Jn 3, 8 : L’Esprit, le Dieu Imprévisible [Lundi II TP]
Nicodème vient rencontrer Jésus pour l’interroger et leur dialogue met en lumière deux conceptions différentes : le docteur de la Loi en reste au niveau des réalités terrestres, tandis que Jésus l’élève jusqu’au Royaume.

 L’image du vent :

Le vent est un symbole classique de l’Esprit, déjà utilisé en Gn 1, 2. Le vent nous échappe, de même l’Esprit : « tu ne connais pas le chemin que suit le vent, (…) de même tu ne connais pas l’œuvre de Dieu qui fait tout. » (Qo 11, 5)

« si vous ne pouvez connaître la voie que suit le vent dont vous entendez le son, et qui est sensible au toucher, comment pourriez-vous pénétrer les opérations de l’esprit de Dieu ? » (S. Jean Chrysostome)

 L’imprévu de Dieu :

 Abraham, âgé, païen, sans descendance est choisi pour devenir père des croyants
 Moïse, berger, bègue, âgé de 80 ans, va devenir guide et libérateur d’Israël
 Ac 9 : Saul le persécuteur devient l’apôtre Paul
 Ac 15 : la position ‘minoritaire’ est retenue pour l’intégration des païens dans l’Eglise
 Ac 16, 6.7 : l’Esprit à d’autres plans pour la mission

Ainsi le baptisé est invité à accepter l’imprévu de Dieu, à l’imitation de Marie.

En bref « l’Esprit de Dieu est toujours nouveau et surprenant. » (Jean Paul II)

Cela dit, l’Esprit tient tout à la fois un plan cohérent et des interventions qui échappent à nos prévisions. Mais Il ne change pas, Il nous invite simplement à changer !

En résumé :

 L’Esprit est le Souffle Divin, dont on perçoit les effets plus facilement que la présence
 L’Esprit est libre et bouscule nos projets
 L’Esprit nous associe à cette liberté qui va à contre courant du monde
Jn 4, 24 : L’Esprit, Personne anonyme [IVème Dimanche de Carême A]
Jésus parle longuement avec la Samaritaine et Il évoque l’Esprit Saint à travers l’image de l’Eau Vive. Il affirme aussi la nature spirituelle de Dieu : « Dieu est esprit ». Les Pères de l’Eglise ont remarqué que l’Esprit est paradoxalement une Personne anonyme, puisque Dieu est tout entier saint (Lv 19, 2) et tout entier esprit (Jn 4, 24). Peut-on parler plus précisément de l’Esprit ? A-t-il d’autres noms ?

 Pas de noms et une multitude de noms :

« comme la substance même de l’Esprit divin ne pouvait tenir dans un nom unique, elle est étalée en des mots différents » (Origène)

« il n’a pas de nom propre » (P. René Laurentin)

Il faut tenir ces deux affirmations ! La multitude des effets de l’Esprit permettent de Le nommer (Amour, Feu, Source vive, Sceau, Colombe…), sans pour autant remplacer le Nom que la Révélation nous donne de Lui

 Un Mystère :

« nul ne peut savoir comment Tu es, de quel genre ou espèce, car cela est impossible. »
(S. Syméon le Nouveau Théologien)

« L’Esprit Saint est la Personne la plus mystérieuse de la Trinité » (P. René Laurentin)

 Il dévoile le Père et le Fils :

« Sous forme de parabole, on pourrait comparer cette action conjuguée du Père, du Fils et de l’Esprit à la projection d’une diapositive sur un écran. Si cette diapositive projette un texte, le prologue de l’Evangile de Jean par exemple, nous devons au Fils le texte (car ce texte est la parole de Dieu et le Christ est la Parole même de Dieu). Mai il faut de la lumière pour que ces paroles soient projetées sur l’écran : l’Esprit Saint est l’illuminateur. (…) Quant au Père, selon cette parabole, c’est Lui qui nous envoie cette image par le fils et l’Esprit Saint : diapositive et lumière. Il est l’opérateur. » (P. René Laurentin)

L’Esprit, tel un projecteur qui éclaire des acteurs sur une scène de théâtre, met en valeur le Père et le Fils mais sans se dévoiler, et en s’effaçant devant eux.

 Le secret de l’Esprit sera dévoilé au Ciel :

« Cette Source qui nous conduit au Terme sera pleinement dévoilée en même temps que le Terme de notre destinée. » (P. René Laurentin)

En résumé :

 L’Esprit est la Personne la plus mystérieuse de la Trinité
 Il n’est pas pleinement défini par son nom et pourtant c’est celui qui Lui convient le mieux
Ac 2, 1 – 13 : L’Esprit jette dehors [Pentecôte]
Le phénomène de la Pentecôte commence par un bruit qui vient du ciel. Deux remarques à propos de cette description de S. Luc : le bruit rappelle que l’écoute est première, qu’elle est même plus importante que la vision. La clé de l’AT tient en une phrase : « Ecoute Israël » (Dt 6, 5). La mention que le bruit vient du ciel nous dit aussi l’origine céleste du phénomène : ce n’est pas une illusion mais bien une théophanie. Ensuite, ce bruit se manifeste comme un coup de vent, écho au souffle créateur de Gn 1, 2 et au souffle de vie d’Ez 37. L’Esprit remplit la maison comme Il va remplir l’Eglise.

Après cela, c’est le phénomène des langues de feu qui est rapporté. Luc précise ‘qu’on eût dite de feu’, pour attester que le feu à beau être vu par les yeux, le phénomène n’est pas terrestre. Les langues se partagent, et chacun en reçoit une. L’Esprit se donne à travers Ses dons, les distribuant à chacun selon Sa volonté :

« A chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun. A l’un, c’est un discours de sagesse qui est donné par l’Esprit ; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit ; à un autre la foi, dans le même Esprit ; à tel autre les dons de guérisons, dans l’unique Esprit ; à tel autre la puissance d’opérer des miracles ; à tel autre la prophétie ; à tel autre le discernement des esprits ; à un autre les diversités de langues, à tel autre le don de les interpréter. Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui l’opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l’entend. » (1 Co 12, 7 – 11)

Le miracle peut alors prendre forme : chacun des 120 (Ac 1, 15) parle en d’autres langues, a priori qu’ils ne connaissent pas. Les hommes dévots qui sont venus en pèlerinage à Jérusalem les entendent parler dans leurs langues maternelles. Voila donc la merveille de Dieu : Babel était la confusion des langues, la Pentecôte dépasse cet obstacle car désormais l’Eglise parle toutes les langues et dans une même foi elle dit « les merveilles de Dieu » (Ac 2, 11).

L’Esprit ne se contente pas de ce miracle, qui attire beaucoup d’hommes autour du Cénacle. De même qu’Il a ‘jeté’ Jésus au désert (Mc 1, 12), Il fait de même avec les Apôtres. Les voila prêts à rendre témoignage de Jésus :

« Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie ; – car la Vie s’est manifestée : nous l’avons vue, nous en rendons témoignage et nous vous annonçons cette Vie éternelle, qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue – ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. » (1 Jn 1, 1 – 3)

En résumé :

 L’Esprit donne à chacun des dons personnels pour l’édification de l’Eglise
 Il nous fait sortir de nous même pour témoigner de Jésus sans crainte

Synthèse
 Il est Créateur avec le Père et le Fils
 L’Esprit est la Discrétion en Personne
 La vie authentique est la vie dans l’Esprit, la vie divine
 L’Esprit transforme le fini de l’homme en l’infini de Dieu
 L’Esprit est insaisissable et imprévisible
 L’Esprit est la Personne la plus mystérieuse de la Trinité
 L’Esprit fait de nous des témoins du Ressuscité
Conclusion
Notre petit parcours biblique s’achève et les 7 textes choisis nous ont permis de mieux comprendre qui est l’Esprit, puisque telle était notre question.

Il y a beaucoup d’autres passages qui parlent de l’Esprit Saint que nous n’avons pas encore abordés, par exemple :

 Jn 14 – 16 : Jésus annonce aux Apôtres la venue prochaine de l’Esprit Saint
 Actes : les diverses Pentecôte
 Lettres de S. Paul : toute la place de l’Esprit sans la vie chrétienne.

Mais cette première approche a permis de mieux connaître les caractéristiques et la ‘personnalité’ de l’Esprit. Il en ressort principalement que la 3ème personne de la Trinité est des plus discrètes, tout en étant bien sûr agissante, présente et vivante.

La vie chrétienne est une vie qui cherche à accueillir toujours plus le Don de Dieu, et à le déployer sans cesse. Prenons l’image d’une voile qui se déploie de plus en plus, au fur et à mesure que le vent souffle sur elle. Telle pourrait être l’image finale de notre parcours : notre baptême nous a donné les arrhes de l’Esprit Saint, et pourtant tout est à déployer. Tout est donné, mais tout est à acquérir. Tel pourrait être le résumé de la vie chrétienne.

Et c’est ainsi qu’étant animés par l’Esprit Saint, nous irons « de commencement en commencement par des commencements qui n’ont jamais de fin » (S. Grégoire de Nysse).

Plus nous nous ouvrons au Souffle de Dieu, plus nous réalisons qu’il y a encore en nous des possibilités pour nous ouvrir encore. Ainsi la vie chrétienne ignore la monotonie et la répétition. Dans l’Esprit Saint, nous vivons quelque chose de toujours nouveau, ce qui est la signature discrète de Dieu.